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17/09/2017

L'Île du jour d'avant





     Informations sur le livre     


Titre original : L'isola del giorno prima

Traduit par Jean-Noël Schifano


Editions Le Livre de Poche



Roman / Historique



505 pages



Lecture dans le cadre de la Licence




     4ème de couverture    

Du Dumas écrit par Pascal» : ainsi a-t-on pu qualifier cet étourdissant voyage au coeur du XVIIe siècle, mené par l'auteur du Nom de la rose avec son brio romanesque et son époustouflante érudition.
À travers l'odyssée de Roberto de la Grive, tour à tour guerrier, savant et agent secret, puis naufragé non loin du mythique 180e méridien - celui qui sépare aujourd'hui d'hier -, c'est à un carrousel ininterrompu de personnages, d'événements et d'idées que nous sommes conviés. Campagnes de la guerre de Trente Ans, salons parisiens, intrigues diplomatiques, jeux de l'amour, de l'art, de la pensée : rien n'échappe au tourbillon d'une époque où les découvertes de la géographie et de l'astronomie bouleversent les consciences.
Tour à tour roman encyclopédique, roman d'initiation, roman d'amour, ce somptueux opéra baroque nous renvoie aussi, en de fascinants jeux de miroir, aux vertiges de notre fin de millénaire.



      Vous avez sans doute déjà entendu parler de cet auteur, notamment avec son célèbre roman Le nom de la Rose, adapté au cinéma en 1986 par J.J.Annaud. L'Île du jour d'avant n'est pas un roman policier historique mais un roman historique qui entre dans la catégorie baroque. J'ai lu ce livre dans le cadre de ma licence, j'ai envie de vous en parler avant d'étudier l'œuvre en profondeur pendant le cours. La chronique sera quand même truffée d'allusion au cours que j'ai pu avoir, mais je vais essayer au maximum de retranscrire mon ressenti de lectrice et non d'étudiante.

     La première chose qui m'a frappé en lisant ce livre ce n'est pas l'écriture quelque peu complexe ou l'époque à laquelle se déroule l'intrigue, ce sont les nombreuses références à d'autres ouvrages, j'ai en tête l'exemple de la Carte du Tendre. L'Île du jour d'avant est une mine de référence et de clin d'œil, j'en ai saisi certains au vol mais je suis sûre qu'il s'agit d'une infime partie au regard de tous ceux que je n'ai su déchiffrer. Pour reprendre les termes de mon professeur de littérature comparée : " Il faut s'appeler Umberto Eco pour comprendre du Umberto Eco ".

     Le style d'Umberto Eco n'est pas un style avec lequel nous sommes habitués voire familiarisé, sa plume est très riche bien que souvent chargées. Il s'agit d'une écriture très différente, ludique sans doute mais pas accessible à tout le monde. Ce livre emprunte au XVII son style ainsi que quelques-unes de ses grandes idées, ce qui n'est pas sans me rappeler Là où les tigres sont chez eux dans lequel on retrouvait un personnage et des idées du XVII. On nous relate ici les écrits de quelqu'un, son parcours ainsi que son existence.

"Vous devrez apprendre à faire avec la parole subtile ce que vous ne pouvez faire à mots ouverts ; à évoluer dans un monde qui privilégie l'apparence, avec toutes les agilités de l'éloquence, à être le tisseur de mots de soie. Si les flèches transpercent le corps, les mots peuvent percer l'âme de part en part."

     Roberto de la Grive, personnage central de ce roman, va vivre bien des aventures et nous apprendra bien de choses entendues çà et là au détour d'une conversation dans les salons Parisiens. Tout au long du roman, j'ai eu une impression de flou : Roberto ou Ferrante ? Rêve ou réalité ? Un jeu de miroirs dans lequel la réalité m'est apparue comme déformée, exagérée, atténuée, enlaidie et parfois embellie. Rien n'est jamais lisse, rien n'est jamais uniforme. Le lecteur, tout comme il semble être le cas de Roberto, se perd dans l'illusion d'un frère imaginaire, d'un double qui agit dans l'ombre de tous.

     Ce livre nous propose une réflexion sur le problème des longitudes – thème très en vogue au XVII. J'ai vraiment eu du mal à m'intéresser aux passages traitant des longitudes, je ne me suis pas sentie concernée par le propos, petit bout de femme du XXI je ne peux comprendre l'engouement des personnes d'une autre époque. Toutefois, cela ne m'a pas empêché de remarquer à quel point certaines choses et révélations pouvaient avoir un impact déterminant sur la suite du livre. En plus des questions de longitudes, L'Île du jour d'avant aborde la thématique de Dieu, de la poudre de Sympathie et de nombreuses autres choses encore. Ce livre est très riche, les réflexions sont larges et profondes...


      Rythmé par 40 chapitres, ce roman embarque le lecteur dans une aventure dont on ne sait rien, on apprend, on comprend, on doute. Il s'agit d'un livre avec lequel il faut se battre, il faut lutter pour en venir à bout et ne pas se décourager. Je dois avouer que c'est presque une fierté de l'avoir terminé, un soulagement surtout. Vous ne pouvez lire ce livre entre deux arrêts de tram tant il requiert toute notre attention. Ne voyez donc pas cet ouvrage comme un roman de détente, il s'agit d'un roman qui s'inscrit dans l'univers baroque, un roman subtil et compliqué.

" Dans ma vie, j'ai choisi une sage mesure... Parler toujours sérieusement cause de l'ennuie. Plaisanter toujours, du mépris. Philosopher toujours, de la tristesse. Railler toujours, du malaise. J'ai joué le rôle de tous les personnages, selon le temps et l'occasion, et quelques fois j'ai été aussi le fou de la cour. Mais ce soir, si vous racontez bien la chose, cela n'aura pas été une comédie, bien plutôt une tragédie."

    Des histoires entremêlées, une quasi impossibilité de différencier le vrai du faux, voila ce qui vous attend ; une sorte de jeu dans lequel les règles ne sont pas explicites et changent sans cesse. Nous suivons Roberto, mais à travers son regard, ses remarques et ses souvenirs nous suivons également philosophes et hommes d'Eglise. Les personnages sont nombreux, souvent de passage mais certains vont marquer Roberto, lui insuffler des idées ( Saint-Savin, Caspar ... ). Idées parfois révolutionnaires, réactionnaires, des idées sur tout et sur rien, des pistes de réflexion et des raisonnements complets, d'obscures pensées et des méthodes incongrues, cruelles et malsaines ( exemple du chien sur le bateau ). Caspar sera comme un compagnon d'infortune là où Ferrante sera un moyen de s'extraire de la réalité, jeu double auquel se prête Roberto. Nous n'avons pas le temps de nous attacher aux personnages et ce n'est sans doute pas l'objectif de ce roman, nous sommes pareils à des spectateurs observant le ballet des comédiens dans un théâtre.

    L'histoire se déroule principalement sur un bateau, La Daphne, qui n'est pas sans rappeler l'Amaryllis à Roberto. Prison aux barreaux dorés ou Paradis pour âme ? Ce bateau va être au cœur de bien des réflexions, laissez-moi vous dire que rien n'est simple dans ce livre. Suite à un naufrage, Roberto trouve en quelque sorte refuge sur un bateau, mais manque de chance, l'équipage a déserté et il ne sait pas nager! Comment quitter cet endroit à la fois porteur de son salut et de sa déchéance ? C'est un des thèmes abordés dans ce livre, un des nombreux thèmes avec lesquels l'auteur semble s'amuser. L'Arche de Noé semble être représenté dans ce livre, le Déluge dans toute sa splendeur et ce que cela implique. Tout est sujet à réflexion, la moindre pensée conduit à un questionnement puis à une analyse.

" Roberto savait que la jalousie se forme sans nul respect pour ce qui est, ou qui n'est pas, ou qui peut-être ne sera jamais ; c'est un transport qui d'un mal imaginé tire une douleur réelle ; que le jaloux est comme un hypocondriaque qui devient malade par peur de l'être. "

    Je ne peux pas vous dire que je n'ai pas aimé ce livre, ce serait vous mentir. Ma lecture fut certes difficile, mais enrichissante. Avec des sujets tel que l'amour, le voyage et la solitude ( pour n'en citer que trois ), l'auteur parvient quand même à captiver son lecteur, à l’appâter en quelque sorte. L’appâter pour mieux le faire sombrer au cœur de l'érudition. Le temps est une notion qui se dilate lors de la lecture – hier, aujourd'hui, demain – qu'en est-il du temps qui s'écoule ? La notion de distance se dilate également, nous avons l'impression d'être à la fois proche et en même temps très loin de l'île du jour d'avant. Cette île semble soulever bien des mystères et secrets, elle est la source de nombreuses réflexions et débats. Les heures de lectures m'ont paru interminable, je crois que toutes ces réflexions sur le temps ont quelque peu altéré mes facultés de lecture. 

     Ce livre n'est donc pas facile à comprendre et je ne prétendrai pas l'avoir compris, loin de là. J'attends avec impatience les éclaircissements du cours à ce sujet, les approfondissements et éclairages de certains passages, les explications de certaines références... Je suis curieuse de découvrir Umberto Eco dans Le nom de la rose...



Source image : Icons made by Baianat from www.flaticon.com is licensed by CC 3.0 BY

24 commentaires:

  1. Je suis complètement d'accord avec toi ma chère !
    J'ai aussi hâte d'avoir des éclaircissements. Cela nous prouve que même des lectrices assidues peuvent être dans de délicates situations.
    En revanche j'ai bien apprécié le personnage principal qui nous fait vivre de multiples aventures assez palpitantes a certains moments.

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    1. Ravie de le lire, je pense que ce livre fera suer plus d'un étudiant.. :D
      Je pense que nous aurons pas mal d'éclaircissement, cela semble bien partie et j'avoue qu'une certaine impatience pointe doucement le bout de son nez. Nous ne sommes pas toujours préparées face à certains livres, c'est ce qui fait aussi la beauté de la lecture je trouve.
      Roberto est très intéressant, on a envie de s'attacher à lui et de l'aider à traverser les épreuves de la vie.

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  2. NL:
    Coucou,

    J'espère que tu vas bien?
    Une nouvelle chronique est en ligne sur le blog : http://lecturesdunevie.weebly.com/home/guadalquivir-stephane-servant

    Je te souhaite une bonne semaine.

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  3. Je suis désolée, mais je passe mon chemin. Je ne suis pas une adepte des romans historiques.

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    1. Je comprends, ce roman pourrait plus te dégoûter du genre qu'autre chose :/

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  4. Un auteur que j'avais découvert en 1ère avec le fameux "Le nom de la rose" que tu cites. Je me souviens que c'était assez particulier à lire et pourtant j'aimais le style. Pour celui que tu nous présentes je ne connais pas du tout, mais visiblement tes arguments ressemblent assez à mon ressenti pour celui lu donc pas sûre d'avoir envie de me plonger dans ce genre de lecture.

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    1. Livre que je n'ai pas lu mais qu'il me tarde de découvrir.
      C'est un genre de lecture particulier, un genre auquel nous ne sommes pas ( plus ? )habitués :/

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  5. J'avoue que c'est un peu trop classique pour mon envie du moment !

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    1. Je comprends, il faut avoir envie de lire ce roman et être passionnée par l'époque baroque pour véritablement l'apprécier dans sa globalité je pense :)

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  6. Bon clairement ce n'est pas mon style de lecture, mais tu réussis à me donner envie d'essayer. Mais il faut selon moi avoir vraiment la tête à sa lecture quand on lit un roman si complexe donc à garder pour cet hiver :)

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    1. Ce n'est pas non plus mon genre de prédilection je t'avoue. Oh oui, il faut que toute notre attention soit tournée vers ce roman sinon c'est peine perdue :) J'espère qu'il te plaira si tu as l'occasion de le lire !

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  7. Et bien, il est vrai que ce n'est pas évident d’étudier ce genre de livre, je me souviens m'être prise la tête avec le prof de littérature sur un livre du même style mais impossible de me souvenir du titre :(

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    1. J'ai de la chance que le prof explique bien le contexte etc, sinon je crois que ça aurait aussi été prise de tête! Et je te l'accorde, ce n'est vraiment pas évident d'étudie ce genre de livre...

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  8. NL:
    Coucou,

    J'espère que tu vas bien?
    Une nouvelle chronique est en ligne sur le blog : http://lecturesdunevie.weebly.com/home/la-cle-doriane-leslie-heliade

    Je te souhaite une bonne fin de semaine ^^

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  9. c'est un livre perle pour la culture générale

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    1. En effet, mais je pense qu'il faut déjà posséder une certaine culture pour le lire.

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  10. Notre prof de sémantique nous a fortement conseillé Le nom de la rose, à voir si je tente le coup ou pas, j'ai trop peur d'être perdue et de ne rien comprendre x))

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    1. Hmmm, je t'avoue que ce livre me fait envie aussi mais j'ai un peu la même appréhension que toi! Dans le pire des cas il y a toujours l'adaptation à regarder après pour voir si tu as compris ou non ;)

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  11. C'est un auteur que j'aime beaucoup, ces romans sont riches, complexes, parfois trop d'ailleurs, il faut bien choisir le moment où on les sort de la bibliothèque, mais à chaque fois ils font mouche, du moins pour moi.

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    1. Oh pour être riches ils le sont, et complexes aussi, c'est sans doute ce qui peut parfois rendre l'auteur presque inaccessible tant ses oeuvres sont différentes de celles que nous lisons habituellement. Il a fait mouche pour moi aussi mais je pense que je l'aurai davantage trouvé percutant si je n'avais pas été "forcée" de le lire pour les cours.

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  12. Umberto Eco fait partie des auteurs que je souhaite absolument lire, mais j'avoue que j'ai un peu peur de m'y perdre, où que la difficulté émousse mes sensations ^_^ Le Nom de la Rose sera peut-être celui qui me décidera en premier, mais je garde celui-là en tête pour un deuxième temps, merci :)

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    1. Je pense qu'il faut bien choisir son moment pour lire du Umberto Eco, sinon on risque de passer à côté de la lecture!
      J'ai bien envie de découvrir Le nom de la Rose également, à voir quand je serai prête à retenter l'aventure avec l'auteur. Merci à toi :)

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Merci de ton passage :)