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21/03/2017

Au pays des femmes cachées


Paru le 11/10/2016
Quasi amnésique, Ambre vit dans un foyer où la visitent des hommes de passage. Elle a perdu le fil de sa vie.
En quête d’elle-même et de sa dignité bafouée, c’est pour elle une évidence: elle s’envolera pour le territoire le plus chargé en mémoire et le plus souffrant du globe, la Palestine.
Un périple à travers les ruines de son passé (sa mère décédée à sa naissance; son père abusif qu’elle ne peut s’empêcher d’aimer…). Et par ce voyage elle découvrira un peu de cette terre où s’affrontent depuis si longtemps «les infidèles et les mécréants». Ainsi, réapprenant à se connaître, apprend-elle en parallèle le monde où il lui faudra exister.
Parcours de vie, mais surtout parcours de vie intérieure, tant cette héroïne toute de fragilité et de résilience illustre avec justesse la quête aveugle mais déterminée à laquelle est vouée chaque conscience.

Editions Sulliver    Roman /Contemporain   176 pages


Par où commencer ?Une lecture non pas difficile mais plutôt lente, et ce pour plusieurs raisons. La première, sans doute la plus significative, n'est autre que celle du style, une plume en apparence légère mais qui demande que l'on s'attarde dessus, pour en saisir toute la volupté, toute la poésie qui en ressort. La deuxième est quant à elle plus de l'ordre de la compréhension, il n'était pas chose aisée que de comprendre tout ce que l'auteur a voulu nous transmettre, réflexion et incompréhension se mêlaient parfois dans un savoureux mélange de malaise, dans une symphonie quelque peu désorganisée. L'écriture m'a laissé l'impression d'être telle une brise qui caresse le visage un matin d'automne, une délicatesse que l'on doit prendre le temps d'apprécier 
Le récit tourne autour d'un personnage central connu sous le nom d'Ambre, Ambre est une jeune fille à la fois mystérieuse et intrigante, amnésique et singulière elle provoque tour à tour un flot de sentiments différents et contraires. Sa rencontre avec Saint Barnard va changer sa vie, mais aussi celles des autres protagonistes. C'est à travers son regard particulièrement naïf que des notions fortes se dessinent. Qu'est-ce que Dieu et la religion ? Qu'est-ce que la vertu sinon ce que les honnêtes gens pensent posséder ? L'idée d'une force supérieure, d'une entité apparaît ici comme une ombre planant au-dessus de la tête des personnages. Ambre se cherche un but, vainement, son amnésie la contraignant à errer, parfois avec quelques éclairs de lucidité, le plus souvent sans réel souvenir de ce qu'elle est. 
J'ai trouvé ce récit particulièrement dérangeant par moments, Ambre n'avait aucune emprise sur son corps qu'elle livrait dans une sorte de viol consentant, ces passages étaient gênants, ils témoignaient d'une relation plus qu’ambiguë avec les hommes mais aussi avec le monde extérieur. Même la mort semblait abstraite au regard d'Ambre, au même titre que l'amour, comme si tout était placé sur un pied d'égalité, tuer, aimer, vivre, mourir. Les émotions transparaissent en demi-teinte, souvent enfouies, comme des non-dits que le lecteur tente de devenir, d'en dessiner les contours. 
Une sorte de fil conducteur guide le récit, ce sont les souvenirs, corde à laquelle se raccrocher, point de lumière dans l'obscurité. Ambre essaie, ou n'essaie pas, mais toujours est-il que parfois elle se souvient, par bribes détachées, dans ses rêves, dans ses actions, de ce qu'elle était autrefois. le spectre de sa vie passée flotte et l'englobe ; son père, Charnelle, sa mère, la mort surtout Une histoire qui trouble, provoque différentes émotions à la lecture, comme si un mur était érigé entre le lecteur et les personnages. J'ai eu du mal à apprécier ce livre, à en saisir toute la portée à la fois symbolique et morale – je ne suis d'ailleurs pas sure d'y être parvenue. Toutefois, je ne peux nier que ce livre soit parsemé de très beaux passages tout aussi agréables à lire que profonds, et ce avec une forte morale. Ce fut un régal à lire mais j'ai eu trop de difficultés à entrer dans l'histoire, comme s'il manquait un petit quelque chose pour faire de ce livre une véritable merveille.

En définitive, Au pays des femmes cachées me laisse une impression mitigée. Il s'agit d'un livre qu'il faut prendre le temps de savourer et d'analyser, un récit avec de belles réflexions qui ne laissent pas indifférent.



10 commentaires:

  1. Un style de lecture qui n'est pas dans ma zone de confort et qui, je le sais, ne rejoindra pas ma wish list. ;-)

    P.S. : N'empêche, jolie chronique. ^^

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    1. En effet,je ne pense pas que ce soit ton genre de lecture ;)
      Merci :)

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  2. News Letter:

    Coucou, j'espère que tu vas bien?
    Une nouvelle chronique est en ligne sur le blog : http://lecturesdunevie.weebly.com/home/syberia-skoll-et-sokal

    Je te souhaite une très bonne soirée.
    Gaëlle.

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  3. Je ne me pencherai pas sur ce roman, ce n'est pas mon genre :/

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    1. C'est assez particulier mais très agréable, toutefois je doute que ce soit un genre qui plaise énormément, donc je te comprends :)

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  4. Ahaha oui, je t'avoue que mes deux ans de droit m'avaient déjà dégouté... Mais pour le coup je me suis réorientée en L1 lettre-langue-science du langage ... et bien ils ont réussi à me convaincre de ne pas partir en langues!
    Et dire que j'adorais vraiment ça il y a quelques années... Vive le système d'apprentissage des langues en France --"
    Mais je suis d'accord avec toi pour le sentiment de fierté quand on termine un livre VO :)

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    1. Ah ah, j'ai parfois l'impression que plus on progresse dans les études, moins les langues deviennent intéressantes, ou alors moins on apprend, je ne sais pas trop >.<
      Oui je rejoins ton avis... C'est dommage, après on dira que les français ne savent pas parler d'autre langue dans la leur ( et encore, ça dépend pour certains, j'ai parfois les oreilles qui saignent ), mais la faute à qui ?
      Une petite fierté qui remonte le moral :D Je pense essayé de lire des livres en VO pendant les vacances :D

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  5. Malgré tous les points hyper positifs que tu décris, je ne suis pas sûre d'adhérer à ce roman, en tout cas pas en ce moment où j'ai assez peu de temps pour lire, et où j'ai dû mal à être très concentrée...

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    1. Je comprends tes appréhensions, et parfois il vaut mieux ne pas commencer une lecture si on sait pertinemment qu'on risque de ne pas apprécier, ou alors il faut lire le livre quand la période et l'état d'esprit s'y prête :)

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Merci de ton passage :)