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09/11/2018

Le Roman de Baudelaire 2


SERVICE PRESSE - TOME 1


Titre : Le roman de Baudelaire 2
     Auteur : Pierre-Adrien Marciset
     Sorti le 4 mai 2017
     Lu entre les mois d'octobre en novembre
     Editions 5 sens
     Genre : roman / fantastique

4eme de couverture :

Charles, Jules et Paul ont survécu aux ténèbres-qui-rongent tapies dans les sous-sols de l’hôtel Quincy : Malika est vengée et le lieutenant des Arcadet n’est plus qu’un souvenir. Le trio, accompagné de la sorcière Marguerite, poursuit ses investigations sur les manoeuvres des Maisons Majeures et continue de violer le tripacte. Alors que Charles Byron découvre enfin le visage de la voix qui le hante, les dernières frontières entre les dimensions explosent et bientôt les créatures de l’infra-monde se répandront parmi les mortels. Mais Marguerite est bien décidée à protéger Charles Byron de la mort.

Je remercie l’auteur non seulement pour sa confiance, mais aussi pour sa patience.




      Plus d’un an après la lecture du premier tome (Le roman de Baudelaire), j’ai décidé de me lancer corps et âme dans la lecture du second (Le roman de Baudelaire 2). Peut-être vous en souvenez-vous, j’avais eu énormément de mal à vous parler du premier opus tant je l’avais trouvé atypique. J’ai donc décidé de laisser l’eau couler sous les ponts, espérant gagner en maturité et accroître mes capacités de compréhension et/ou de réception. Mais finalement, qu’ai-je pensé du second tome ?


     Je le savais, oui je savais avant de commencer à lire la première ligne que ce roman serait exigeant, qu’il nécessiterait une certaine concentration, qu’il faudrait être ouvert d’esprit et posséder une incroyable imagination. Je ne me suis pas trompée ! Ne vous méprenez pas, je parle bien d’un roman et pas d’un O.V.N.I ou d’un O.L.V.I., c’est comme vous préférez, d’un roman à ne pas mettre entre les mains de tout le monde, au risque de faire cramer quelques neurones lors de la lecture. Et pour cause, ce livre fait réfléchir, et pas qu’un peu (c’est le moins que l’on puisse dire).


    Loin d’être une lecture purement détente, Le roman de Baudelaire 2 pousse encore et toujours plus loin la réflexion. Ce livre semble émettre une analyse pointilleuse et acerbe de la société, cela passe par une étude des comportements, des réactions ainsi que des habitudes, des discours ou encore des conversations...tout est sujet à être analysé, décortiqué, disséqué sous la plume de P.A. Marciset. C’est sans doute à travers le récit des aventures d’un groupe de trois jeunes, qui en réalité semblent ne pas avoir d’âge, que l’auteur étudie chaque séquence avec finesse, ironie et cynisme.


« Société merveilleuse où l'anecdote devient plus intéressante que l'Histoire, la polémique plus jubilatoire que la philosophie et l'insulte d"un critique plus commentée que le roman du siècle minutieusement élaboré dans le secret des foules. » 

    Et parlons-en de cette plume ! Voici quelques adjectifs pour la qualifier : riche (extrêmement), soutenue, généreuse, abstraite (souvent), critique ; une plume comme on en voit pas. L’immersion dans l’univers de l’auteur, au cœur des rues parisiennes et de tout le beau monde est donc relativement difficile, lente, progressive. Il vous faudra sans doute quelque chapitre pour apprécier les tournures, vous familiariser avec un narrateur presque imperceptible mais pourtant très présent. Un « je » semble se balader et prendre un malin plaisir à s’amuser autant avec le lecteur qu’avec les personnages, un « je » qui traduit parfois des pensées, souvent des remarques. La narration n’est que l’expression d’immenses métaphores et d’allégories qui dévoilent leurs grandes ailes à mesure que l’on progresse.


    A travers le dédale des chapitres, j’avance sans repères, ces derniers se s’effritent, se dissolvent aussi vite qu’ils apparaissent. À tâtons, saisissant par-ci par-là des branches auxquelles me raccrocher, une réflexion qui m’immerge totalement dans la pensée d’une des protagonistes. Un trio que l’on retrouve, que l’on redécouvre mais surtout que l’on apprend à connaître davantage, êtres quasi atemporels sur qui le temps glisse, le présent semble n’avoir aucune prise sur eux. A leurs côtés, on croit rêver – eux aussi d’ailleurs -, la réalité se déforme, se métamorphose en une succession de visions éphémères, parfois durables, qui troublent le sens et réveillent sans doute de vieux démons.


     En tournant les pages, j’assiste, médusée, à un somptueux ballet de personnages qui se promènent de monde en monde, entre réalité et irréalité, à la recherche d’autres danseurs susceptibles de rejoindre leur trépidante envolée. C’en devient vite fantastique, entre sorcière et inframonde, complexe, fascinant autant que déroutant. On se laisse happer par une plume habile qui dresse le portrait d’un monstre géant, ombre mouvante d’un monde, d’une société à l’agonie qui se complaît dans sa petitesse, la bassesse d’une vie. Plusieurs fois vous vous demandez quelle est votre place au sein de cette vaste mascarade ? Spectateur impuissant et passif d’une pièce dont on ne saisit pas la portée ou à l’inverse, acteur sérieux et motivé prêt à en découdre avec la vie et briser les clichés qui nous entourent et nous empêchent d’avancer ?


     Ne nous mettons pas des œillères, n’agissons pas comme un mouton suivrait aveuglément son berger. Réfléchissons. C’est ce que ce livre vous invite, incite, vous hurle de faire. N’entendez-vous pas son cri désespéré ? Ouvrez les yeux sur le monde qui vous entoure, ne gobez pas innocemment tout ce que l’on peut vous dire. Peut-être s’agit-il d’une erreur d’interprétation de ma part, mais ce récit propose tellement de réflexions, offre tellement de pistes à explorer qu’il ne peut, à mes yeux, en être autrement.

« La pudeur, la dignité, la politesse sont autant de limites à l'esprit bien fait qui veut s'étendre et renonce pourtant à le faire sous le joug d'existences intérieures parfaitement illégitimes. »

    Les réflexions sont légion et toutes bien introduites, rien n’est mieux que la trivialité d’une action pour lancer une sulfureuse discussion qui débouchera sur une situation inconnue. La religion n’est pas épargnée, au même titre que le devenir d’un écrivain. Le roman de Baudelaire 2 c’est aussi des questions concernant la légitimité d’un écrivain, sa reconnaissance ou au contraire son absence de reconnaissance dans son époque… Bien souvent, ce dernier n’est connu et surtout reconnu qu’après sa mort, gloire éternelle pour une existence de misère et de mépris. Combien ont ainsi subi et côtoyé la misère ?


     Si vous lisez cette histoire vous réalisez sans doute combien il est difficile d’émettre un avis à la hauteur de ce livre, de ces idées, de cette plume. Le roman de Baudelaire 2 est d’une très grande richesse, mais pas accessible à tout le monde, c’est là son plus gros défaut mais également sa plus belle qualité. Je ne prétendrai pas avoir compris l’ensemble du livre, loin de moi cette idée, mais j’ai pris plaisir à y lire des considérations philosophiques et métaphysiques, des échanges croustillants, à suivre un ensemble qui peut paraître décousu mais qui en réalité suit une ligne prédéfinie, un plan qui se dévoile progressivement. Je n’ai jamais rien lu, qui de près ou de loin, ressemble à ce livre, c’est une aventure extrasensorielle unique et déstabilisante qui vous fera immanquablement sortir de votre zone de confort.


    En définitive, Le roman de Baudelaire 2 s’avère, comme je le pré-sentais, être une lecture exigeante mais passionnante. Atypique. L’auteur possède une plume d’une richesse incroyable et manie les mots avec dextérité, entraînant le lecteur en plein Paris, sur les traces d’un trio mystérieux et fascinant. Ce n’est qu’une fois la surprise passée que l’on savoure les innombrables ressources déployées par l’auteur afin de créer un univers unique, un monde dans lequel tout ou presque est possible. Un foisonnement de réflexions toutes plus éclairées et pertinentes les unes que les autres, un cynisme à toute épreuve et une manie de décortiquer le moindre élément. C’est une fresque grandeur nature d’une société décadente et opulente, un sublime tableau dont chaque teinte apporte son lot d’émotion.


3 raisons de lire Le roman de Baudelaire 2 :

- Une plume unique et très riche
- Un univers atypique et fascinant
- Une aventure extrasensorielle 



10 commentaires:

  1. Je te remercie pour la découverte de cet ouvrage !

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  2. Je prends toujours autant de plaisir à te lire même si je sais que ce que tu vas nous présenter ne sera pas forcément pour moi. Belle journée

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    1. Cela me fait extrêmement plaisir ! ♥ Belle journée aussi

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  3. tes chroniques sont toujours aussi intéressante et super bien construites. Malheureusement ce n'est pas un roman pour moi

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    1. Merci beaucoup, cela me touche !!
      Ce sera pour un prochain livre :)

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  4. C'est vrai que ça semble toujours aussi atypique et complexe, mais l'univers me plaît toujours autant, alors je confirme, je le note ma belle !

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    1. Oh que oui, mais de plus en plus passionnant également.
      Tu m'en vois sincèrement ravie ! :)

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  5. C'est intéressant d'avoir quelque chose de différent

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    1. Je suis totalement d'accord, j'aime varier les genres et les plumes.

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Merci de ton passage :)