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18 juin 2017

48


1945.
Sachant la guerre irrémédiablement perdue, Hitler décide de lancer sur l'Angleterre la dernière et la plus terrifiante de ses armes secrètes : des V2 chargés d'une substance meurtrière qui se répand dans l'atmosphère et tue instantanément la plupart des êtres humains. Parmi les rescapés, seuls ceux dotés d'un groupe sanguin très rare - AB négatif - sont définitivement épargnés. Les autres ne bénéficient que d'un sursis : ils mourront lentement de la Peste Ecarlate.
1948.
Hoke, un pilote de chasse américain, porteur du précieux groupe sanguin, survit dans Londres en ruine en se cachant des Chemises Noires, une milice de néonazis atteints par le fléau, convaincus que leur salut réside dans des transfusions complètes du sang d'individus comme lui. Dans le métro transformé en gigantesque mausolée, dans les palaces dévastés et jusque dans la Tour de Londres, l'Américain et ses semblables devront lutter contre les rats, les meutes de chines sauvages et les humains pour qui la seule loi encore en vigueur est celle de la jungle : tuer ou être tué.

Editions Piment   Thriller/Uchronie   430 pages 




     J'ai acheté ce livre lors d'une brocante il y a maintenant quelques mois, je dois avouer qu'il me faisait un peu de l'œil sur l'étagère. Le titre est assez mystérieux, 48, une simple date qui correspond à l'année 1948. Un petit bond dans le temps, une époque pas si lointaine qui réserve son lot de surprise. Saisissant l'occasion, j'ai donc découvert une nouvelle plume ainsi qu'un nouvel univers.   
     Ce livre appartient au genre souvent peu connu, voire méconnu, de l'uchronie. Il s'agit en quelque sorte d'un futur alternatif d'un événement, une reconstruction fictive d'un fait historique tel qu'il aurait pu se dérouler. L'auteur s'inscrit ici dans une période très sombre de notre histoire, celle de la guerre 39-45. Tout ne se serait pas passé comme nos manuels nous l'indiquent, des V2 chargés d'un gaz mortel auraient déversé leur substance sur toute l'Europe en 45, la réduisant ainsi à l'état de fantôme, puissance qui n'est plus que l'ombre d'elle-même.
     Seule une poignée d'individus aurait survécu à la catastrophe. Leur point commun ? Leur groupe sanguin, AB négatif, ne représentant que 3% de la population. Toutefois, quelques rares résistants, n'appartenant pas à ce groupe sanguin, survécurent mais le mal présent dans leurs veines les affaiblissait grandement, réduisant la rapidité de leur action. Le génocide et ses conséquences furent qualifier de Peste Écarlate, un mal jusqu'alors inconnu qui décima des populations entières. 
    J'ai trouvé l'idée du gaz et du groupe sanguin original, de même que le nom donné au virus. Le monde tel que nous le connaissons est ravagé et se meurt de plus en plus. C'est dans cette ambiance apocalyptique que nous découvrons Hoke, "heureux" survivant de l'enfer. Vivant parmi les morts qui jonchent les trottoirs de chaque rue. Le récit est à la 1ere personne, sous le point de vue de Hoke. Je n'ai pas réussi à m'attacher à lui, je l'ai trouvé particulier, très froid et distant, même si une partie de son comportement trouve une justification au fil de la lecture. Il s'agit d'un homme dévasté qui lutte et survie pour d'obscures raisons. Sa rencontre avec d'autres survivants permet au lecteur de mieux cerner cet énigmatique personnage.  


     Afin de nous plonger directement dans l'ambiance, l'auteur introduit l'histoire avec une course-poursuite haletante, entre d'un côté Hoke, de l'autre un groupe que l'on appelle les Chemises Noires, sortes de sbires à la solde d'un homme autrefois puissant. J'ai eu l'impression que cette course effrénée n'allait jamais se terminer. Même si le récit se veut rythmé, l'action dense et les personnages sur le qui-vive, j'ai parfois eu du mal à me représenter les scènes tant le rythme était ( trop ) soutenu. Nos chers protagonistes n'avaient pas une seconde à eux, aucun répit, la course contre la mort était lancée. 
Les chemises noires n'ont qu'une obsession : capturer vivant une personne au sang pur ( AB- ) afin d'effectuer une transfusion sanguine. Ce groupe pense que changer de sang est la solution pour enrayer le mal dont il est victime. Idée délirante pour des personnages délirants. Avec ce groupe mené par Hubble, homme hideux dont la vie ne tient plus qu'à un fil, l'auteur illustre parfaitement ce vers quoi peut mener l'obsession. Etre totalement obsédé par une chose ou une personne en devient dangereux et pour l'obsédé et pour l'objet de son obsession. Ici Hubble ne pense qu'à la transfusion sanguine, ce qui coûtera la vie de certains innocents...
    48 nous montre donc un des vices de l'homme, mais ce livre nous offre aussi une visite d'une ville en ruine : Londres. Nous découvrons les cachettes et dédales de la capitale britannique en proie à des bombardements et explosions incessants. L'histoire se déroule sur à peine quelques jours, une impression de rapidité nous saisit tout au long de la lecture, comme si le temps filait vite, trop vite, que l'auteur nous précipitait inexorablement vers une fin certaines pour l'un des deux camps. 
     Hoke n'est pas le seul survivant, il fera la rencontre de Stern, Cissie et d'autres encore.. J'ai particulièrement aimé les deux personnages cités, j'ai notamment apprécié l'évolution de leurs relations avec Hoke. Il aurait d'ailleurs pu être bien, pour dynamiser davantage le livre, de varier les points de vue mais aussi d'écrire un petit épilogue.  
     La plume de l'auteur est fluide et agréable, elle nous embarque facilement au cœur d'un Londres décimé. Les descriptions et actions sont bien dosées même si j'ai parfois eu du mal à visualiser des scènes. L'intrigue est sympa et originale mais pas transcendante. En définitive je dirai qu'il s'agit d'un bon livre, pas le meilleur que j'ai lu mais loin d'être le pire. Je retenterai bien l'expérience avec un autre livre de l'auteur.




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